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ARTICLES
Sommes-nous un corps, ou avons-nous un corps ? La danse-thérapie s’appréhende et se comprend par le corps en mouvement, ses supports sont la danse, l’écriture, la danse-théâtre, parfois même la boxe, et certaines méthodes corporelles utilisées ici dans le but d’une prévention ou une approche douce ; telles Pilates, Alexander ou Feldenkrais, toute fois ces méthodes tel qu’elles sont utilisées dans le champ de la danse-thérapie ne sont pas approfondies en tant que telles. Elles sont remaniées de façon à libérer les tensions et rectifier les « mauvaises » postures corporelles, dans le but de préparer le corps à tout exercice physique. La diversité des techniques artistiques employées est là pour soutenir l’expression et la contenir, permettant de composer et de recomposer sur l’instant via le processu de création. Ces différentes techniques corporelles font partie du cadre de l’atelier. Le contenu et les outils thérapeutiques choisis dans les ateliers sont travaillés en fonction des personnes ; de leur demande et de leur état d’être. Par le mouvement naît une expression basée sur le processus de création, via les techniques artistiques ou autres, à la portée de toutes et tous, la méthodologie qu’Axelle TRINCHERO à développée, est à visée thérapeutique. L’être en corps est en mouvement, ici et maintenant dans la relation thérapeutique.
Libérer la parole, s’autoriser à prendre place : le va-et-vient entre corps et psyché « du jeu au je », passe par la rencontre de soi et des autres, et permet de créer du lien. Cette démarche s’effectue par le biais de l’expression artistique, comme il est dit ci-dessus, la danse ou plutôt le mouvement qui devient dansé, mais peut aussi bien s’axer sur des techniques différentes de celle-ci comme : l’écriture, la danse-théâtre dans laquelle la parole intervient, la boxe, le dessin, et autres moyens artistiques ou littéraires. Ces techniques d’approche permettent le flux permanent entre le corps et l’esprit, car le corps n’est pas dissocié de la dimension psychique, il est en mouvement continu. Un temps d’écriture et de parole en fin d’atelier est imparti à chaque personne, s’axant sur le ressenti et la verbalisation de celle-ci, sans jugement ni analyse, ni de la part des participants, ni de celle du thérapeute. Ce temps est nécessaire, il donne accès à la symbolisation via l’écriture, et via la prise de parole, la verbalisation permet de déposer « les maux du corps ». Pourquoi un travail sur l’identité gestuelle ? Tout d’abord, les ateliers de danse-thérapie, quel que soit leurs contenus, sont basés sur le mouvement corporel et psychique. Les ateliers ne sont pas un apprentissage de techniques artistiques ou corporelles, même si les consignes de sécurité en font partie. Ces consignes de sécurité sont importantes pour éviter les blessures liées à toutes pratiques, quand le corps est impliqué de façon active. La danse-thérapie travaille sur des zones propres aux personnes impliquées, mais n’intervient pas sur la forme extérieure du mouvement. Cette méthode travaille sur la forme propre à l’être. Chaque consigne permet aux personnes présentes en atelier, de travailler sur des « problématiques » qui leur sont propres, qui ne résonnent pas, sur une même consigne, de la même façon chez chaque individu. Toutes personne a sa propre identité gestuelle, qu’elle soit affirmée, en développement, ou en recherche. Ce travail sur l’identité gestuelle, permet (si l’art-thérapeute n’essaie pas d’intervenir sur celle-ci, c'est-à-dire de la modifier en imposant " le bon comportement à avoir", mais laisse la personne se découvrir à être), d’entrevoir l’affirmation du sujet et de son autonomie. L’identité gestuelle se travaille via le processus créatif, la relation à soi et aux autres, dans le cadre et la relation thérapeutique. Par le biais du cadre thérapeutique, les danse-thérapeutes, peuvent travailler sur les postures, sans pour autant en modifier « la façon d’être au monde », les postures sont importantes comme l’ancrage l’est, pour que le mouvement reste fluide, un flux permanent entre corps et psyché, mais n’altère en rien l’identité gestuelle, au contraire elle va pouvoir émerger sans tension, ni blocage, ce n’est pas un « formatage ».
Schéma corporel et kinésphère
Définition de la kinesphère par Wikipédia
Théorisée par Rudolf LABAN, la kinesphère désigne l'espace accessible directement au membres d'une personne, elle s'étend tout autour d'elle, jusqu'à l'extrémité de ses doigts et pieds tendu dans toutes les directions. Cette sphère imaginaire placée autour de la personne est surtout utilisée en danse et en théâtre et symbolise l'espace personnel de l'artiste qui est le centre de la sphère. ” L’architecte Vitruve écrit dans son livre sur l’architecture que les mesures de l’homme sont ordonnées par la nature comme suit: 4 doigts font une paume, 4 paumes un pied, 6 paumes une coudée et 4 coudées font un double pas et 24 paumes une longueur d’homme. Il y a empreintes corporelles et empreintes psychiques. Intriquées, ces deux empreintes sont déterminantes, font traces dans le fonctionnement du sujet. Etre et avoir un corps, sujet et objet.
Le mouvement perpétuel entre corps objet, corps sujet et je dirai corps imaginaire. J’y vois le même fonctionnement que la bande de möbius, un mouvement perpétuel entre le corps sujet conscient et inconscient, le corps objet inconscient et conscient, le corps désiré et le corps imaginaire. Quelque chose se produit entre chaque passage, une dynamique un espace temps.
Des fractures rythmiques psychiques s’organisent, sur et dans le corps, « être et avoir ».
WIKIPEDIA
"Face à trace entre connu et inconnu" Axelle T.
Corps et psychisme
Les émotions et le ressenti sont des éprouvés interne rendu visible par le moyen du corps au travers du mouvement. Corps dépourvus de mots pour le dire. Des maux pour le dire Espace corporel, lieu des éprouvés, support du symptôme, matière vivante exprimant les « non dit » lieu du plaisir, du ressenti, je dirais que le corps permet de concrétiser, ce qui ne peut se dire ou s’avouer, il permet de dévoiler ce qui ne se dit pas mais se vit. Les traces du vécu s’y empreignent ainsi que les traces de l’imaginaire.
Axelle T.
Synthèse : D'après le processus de symbolisation et ses étapes de R.Roussillon
Symbole : image substituée à une idée abstraite Symbolisation : passe par des étapes, sert de médiateur, travail mental pour remanier les « données brutes » de la psyché.
Travail de symbolisation Trois niveaux sont différenciés :
1. niveau dans lequel le « représentant psychique de la pulsion » doit pouvoir se différencier en représentant-affect, affect-signal et représentant-représentation 2. travail de symbolisation primaire, la « chose » psychique est saisie / transformée (trouvée/créée) en représentation 3. travail de symbolisation secondaire, grâce à ce travail, les processus symboliques peuvent s’exercer. Travail de transformation, transfert dans l’appareil de langage verbale.
Symbolisation primaire
Enigmatique la matière première de la pensée n’est pas immédiatement saisissable comme telle, elle implique une médiation. Hyper complexe, elle mêle soi et l’autre, dedans dehors. Immatérielle elle doit être décomposée : représentant affect et représentant-représentation. Ne pouvant être décomposée que par l’intermédiaire de sa réflexion par l’objet. On distingue deux temps :
1. le temps ou ça se passe 2. le temps ou ça se représente
Elle ne peut être saisie d’emblée dans le temps de son enregistrement. On symbolise souvent après coup, reprise, ressaisie, re-présentation, au sein d’une situation de sécurité. Pour que cette reprise puisse s’effectuer il faut des conditions particulières. Idéalement la « capacité d’être seul face à sa pulsion en présence de l’autre » et ses formes évoluées, permettent de pouvoir vivre et symboliser les choses dans un même temps dans des espaces psychiques différents. Il y a intériorisation d’un espace transitionnel interne, de son introjection. Deux temps sont disjoints, quête d’espace ou de temps particuliers de la part du sujet, pour symboliser ce qui est vécu ailleurs. L’introjection de ce temps de reprise et de symbolisation peut s’effectuer par la mise en place de dispositifs symbolisants spécifiquement organisés.
Par ailleurs dans des situations ou le caractère traumatique est sensible, mais aussi dès qu’une émotion dépasse son seuil habituel ou que des aspects nouveaux et imprévus se présentent à la psyché, le sujet peut se contenir dans une forme de maîtrise de se qui se produit (main-mise main-tenace) et le travail de symbolisation ne peut se faire « sur le moment » mais après coup par exemple dans les rêves.
Dans un premier temps on a pensé (Freud) que la représentation allait de soi, c'est-à-dire accepter de faire le deuil d’une identité de perception. Il faudrait que la trace de l’expérience antérieure ne soit pas traitée comme une perception à l’identique, mais comme une nouvelle « présentation » interne, et non comme la chose elle-même. Cette conception s’est heurtée à la psychopathologie du deuil (circularité du raisonnement) et à la supposition qu’une opération supplémentaire doit être produite dans la psyché ou « méta-représentation » (Grieu, Donnet, Roussillon).
La théorie de Freud (rétention économique) a laissé place à une théorie dans laquelle la transformation en représentation symbolique est le fruit d’un véritable travail psychique qui implique la présence d’un objet et plusieurs temps.
1. un temps intersubjectif – un soin ou un jeu intersubjectif
Importance de l’existence d’un tiers (métaphore paternelle) à la fonction à la fois séparatrice et capacité à « réunir autrement » (interdit de l’inceste par l’impossibilité du retour à l’identique. L’accent se déplace aussi du côté de la mère. Il y a reconnaissance de l’existence chez l’enfant de compétences relationnelles et d’une préconception de l’univers symbolique pour autant que l’environnement maternel premier leur fournisse les réponses complémentaires à son développement (« en miroir » et « en double », fonction « pare-excitante » de la mère). Il y a une domination du principe de plaisir mais en même temps une censure.
2. un temps auto-subjectif
Le jeu avec l’objet, la « jouissance de l’objet » se heurte à certains interdits. L’enfant est contraint de déplacer dans sa relation aux objets inanimés ce qu’il ne peut jouer avec la mère (interdit de l’incorporation du touché du voir)
3. un temps narcississique
Tout ne peut pas être joué avec des objets matériels. L’étape suivante est celle d’une « dématérialisation » du jeu au sein de l’espace interne : l’espace du rêve en est l’archétype (on peut « tout » rêver). Cependant le rêve devra aussi pouvoir être repris et remis en jeu dans la relation à l’objet pour « ouvrir une nouvelle boucle » du travail de symbolisation.
Symbolisation secondaire
C’est le transfert des représentations de choses que le rêve met en scène au sein de l’appareil du langage.
Axelle Trinchero
Du corps à la pensée Corps et psyché une bande de möbius
Avec l’éclairage de mes années de professionnalisme en tant que danseuse interprète, improvisatrice, et danse-thérapeute, une certitude est très claire : le corps est gardien des émotions du vécu, le corps et son mouvement dans sa danse permettent un passage à l’art, plutôt qu’un passage à l’acte, pour tous ceux qui pratiquent un art, quel qu’en soit le domaine, ou la pathologie développée. Ici le schéma thérapeutique se fait du corps à la pensée pour arriver à la parole symboligène.
L’acte de danser, peindre, et autres moyens artistiques permettent de sublimer, il est aussi passeur de pulsions diverses, le corps en témoigne d’autant plus. Le corps en mouvement et en pensée, un intérieur qui vit et se voit sur l’extérieur, il est enveloppe charnelle (en couche et sous-couche) contenant la vie psychique du sujet, une peau qui transpire et respire, une tête pour penser. Corps inconscient et conscient, psyché inconsciente et consciente. C’est la totalité de l’être humain; unifié dans son être. C’est exactement comme une bande de möbius que le corps fonctionne. J’entends ici, le corps indissocié de la pensée, il peut dans certains cas exprimer des « appels » que l’état de conscience du sujet ne peut verbaliser. Il devient « garde fou », jusque dans les extrêmes. Si l’on prend le cas d’un adolescent se scarifiant, il y a là un passage à l’acte, l'inscription sur son corps sa peau, est un appel au secours, et une preuve d'existence, si l’on permet un passage à l’art par le média de la danse, ou du mouvement, alors la verbalisation peut se faire d’elle-même, par la symbolisation et la transformation. Les phénomènes de transferts se feront à travers la matière de l’art, son focus est indirectement. Tout Comme l'art-thérapie travaille dans l'après-coup. L’Art-thérapie en général propose des moyens d’expression via le processus de création. Il s’agit de donner les moyens aux corps de s’exprimer par le mouvement en prenant le relais de l’impossibilité à dire, pour permettre au sujet d’accéder à la symbolisation, puis à la verbalisation. Le « chemin » est différent : le moteur est le travail du corps dans sa totalité d'être en mouvement, qui va amener le processus de pensée réparateur. La danse-thérapie passe par des éprouvés corporels pour arriver à la pensée et la parole. Tout comme la bande de möbius passe de l’inconscient au conscient en perpétuel mouvement, le corps passe de l’inconscient au conscient de la pensée au corps, du corps à la pensée. Le corps est l'espace d'expression de l'inconscient, qui émerge à l'état de conscience quand il est pansé.
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| © 2011 |
